Gérer le stock de plaquettes et d'outils coupants

Sur un stock d'outillage coupant, l'inventaire permanent à l'unité coûte plus qu'il ne rapporte dans un petit atelier. Un stock courant, un seuil d'alerte par référence et le lien vers les fiches qui l'emploient couvrent l'essentiel du besoin réel.

Le sujet attire les usines à gaz. Autant poser tout de suite la question qui tranche : que se passe-t-il réellement quand une référence manque ?

Boîte de rangement compartimentée remplie de plaquettes carbure de formes différentes, losanges et carrées.
Le stock réel d'un atelier : quelques dizaines de références qui tournent, et beaucoup qui dorment.

Ce qui coûte, et ce qui ne coûte pas

Une plaquette manquante coûte rarement le prix de la plaquette. Elle coûte une machine arrêtée, ou une commande en urgence chez un fournisseur qui n'est pas le moins cher. C'est ce coût-là qu'il faut viser, pas la précision comptable du stock.

  • Ce qui compte : savoir qu'il en reste assez pour la série qui arrive, et savoir chez qui recommander la bonne référence.
  • Ce qui ne compte pas : connaître le nombre exact à l'unité près en permanence. Dans un atelier de dix personnes, la saisie de chaque sortie coûte plus cher que l'écart qu'elle évite.

Le seuil d'alerte, le seul mécanisme qui tienne

Un stock courant et un stock minimum par référence suffisent à répondre à la question utile. Le seuil se règle non pas au sentiment mais sur le délai de réapprovisionnement : ce qu'il faut avoir devant soi, c'est de quoi tenir jusqu'à la livraison suivante.

Une référence livrée en 48 heures peut descendre bas. Une référence spéciale commandée à trois semaines demande une marge autrement plus large, et c'est souvent celle qu'on oublie.

Ce que couvre le socle, et ce qui est en option

Le socle porte le stock actuel et le stock minimum sur chaque élément. C'est volontairement modeste, et cela suffit à la question « en reste-t-il ».

La gestion complète du magasin existe dans le logiciel mais se vend séparément : emplacements et cases de stockage, mouvements de stock, commandes, factures fournisseur, import des fichiers distributeur et rapprochement des transactions. Un atelier qui a réellement besoin de ce niveau de suivi le sait déjà ; les autres feraient une erreur en commençant par là.

Les références spéciales, le vrai piège

Les consommables courants se gèrent tout seuls : ils manquent souvent, donc tout le monde y pense. Le danger vient des références qu'on commande une fois tous les deux ans.

Elles cumulent les trois pires caractéristiques : un délai long, parfois plusieurs semaines ; un prix élevé ; et l'oubli complet de leur existence entre deux emplois. Résultat classique, la pièce revient, la référence spéciale manque, et la série attend un fournisseur qui ne l'a plus en catalogue.

La parade ne relève pas du stock mais du lien : si l'élément est rattaché aux fiches de réglage qui l'emploient, la question « qu'est-ce qu'il me faut pour cette pièce » se pose avant de lancer, pas au moment de monter l'outil.

Le coût d'outillage par pièce

C'est la donnée que personne n'a et que tout le monde voudrait. Elle demande deux choses : que les sorties d'outils soient rattachées à une pièce, et que la durée de vie réelle des outils soit connue, faute de quoi on impute le prix entier d'une plaquette à la première pièce usinée au lieu de l'amortir sur les deux cents qu'elle fera.

Le suivi de consommation par pièce et par machine fait partie des modules optionnels. L'honnêteté oblige à dire que sa valeur dépend entièrement de la discipline de saisie : sans sorties rattachées, le chiffre produit est faux, et un chiffre faux sur un coût est pire que pas de chiffre.

La bonne question avant d'outiller un stock : combien de fois par an une machine attend-elle une référence manquante.

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