Un logiciel d'usinage installé sur votre réseau

Une installation locale place le logiciel et ses données sur le réseau de l'atelier, sans dépendance à une connexion internet pour fonctionner. En contrepartie, la sauvegarde, la disponibilité du poste et l'environnement réseau restent à la charge de l'entreprise.

La question revient à chaque premier rendez-vous, et elle mérite mieux qu'un argument de vente. Les deux modes se défendent, pour des raisons différentes.

Extérieur d'un bâtiment d'atelier de mécanique au crépuscule, porte sectionnelle ouverte sur les machines éclairées.
Beaucoup d'ateliers préfèrent que leurs dossiers de fabrication ne quittent pas ce bâtiment. C'est une position défendable.

Pourquoi un atelier choisit le local

  • La confidentialité des pièces. Un dossier de fabrication décrit comment fabriquer la pièce d'un client. En sous-traitance, cette information est parfois plus sensible que la comptabilité.
  • L'indépendance au réseau. Un atelier dont la connexion tombe continue de travailler. Sur un poste au pied des machines, cet argument pèse lourd.
  • La contrainte contractuelle. Certains donneurs d'ordres imposent que les données restent sur le site, et la discussion s'arrête là.

Ce que ça implique réellement

Autant le dire franchement, parce que c'est ce qui manque dans la plupart des argumentaires. Une installation locale déplace des responsabilités vers l'entreprise.

  • La sauvegarde. Le logiciel peut sauvegarder, mais si le fichier de sauvegarde reste sur le même poste, il disparaîtra avec lui. Une copie hors du poste est indispensable, et c'est une décision d'entreprise.
  • La disponibilité du poste. Le poste qui héberge doit être allumé quand les autres en ont besoin.
  • L'environnement réseau. Droits, pare-feu, accès partagé : cela dépend de l'installation existante, et ça ne se devine pas à distance.
  • Les mises à jour. Elles ne s'appliquent pas toutes seules, contrairement à un service en ligne.

L'autre option : hébergé, mais en France

Entre le local pur et le service en ligne banalisé, il existe une position intermédiaire : l'hébergement en France, chez un prestataire identifié. L'atelier n'a plus la charge du poste ni des sauvegardes, et les données ne quittent pas le territoire.

Ce choix se fait en connaissance de cause, pas par défaut. La bonne façon de trancher est de regarder qui, dans l'entreprise, s'occupera concrètement du poste et des sauvegardes. S'il n'y a personne, l'hébergement est plus sûr que le local, quelles que soient les préférences de principe.

Ce qui se passe concrètement à l'installation

Autant décrire la réalité plutôt que de la laisser imaginer, parce que c'est là que les projets dérapent.

  1. Choisir le poste qui héberge. Pas le portable de quelqu'un. Un poste qui reste allumé et qui est sauvegardé.
  2. Vérifier les accès réseau. Les autres postes doivent l'atteindre, ce qui suppose parfois l'intervention de l'informatique du client.
  3. Poser la sauvegarde hors du poste. Avant de saisir la première fiche, pas après.
  4. Importer l'outillage existant et trancher les doublons à ce moment-là.

Le point deux est celui qui coûte le plus de délai, et il ne dépend pas du logiciel. Dans une entreprise dont le parc informatique est géré par un prestataire extérieur, il vaut mieux le prévoir dès le premier rendez-vous.

Les mises à jour, en local

C'est la contrepartie la moins évoquée du choix local. Un service en ligne se met à jour sans rien demander à personne ; une installation locale reste sur sa version tant qu'on n'intervient pas.

Ce n'est pas nécessairement un défaut. Un atelier certifié préfère souvent savoir exactement quelle version tourne, plutôt que de découvrir un écran qui a changé un matin de série. Mais cela suppose de décider qui déclenche les mises à jour, et à quel moment de l'année.

La question qui trie les fournisseurs

Quel que soit le mode retenu, une seule question compte à long terme : que se passe-t-il le jour où vous arrêtez de payer ? Si vous récupérez vos données dans un format lisible, la discussion peut continuer. Si la réponse est floue, vous ne louez pas un outil, vous louez l'accès à vos propres informations.

Cette question vaut pour tous les éditeurs, y compris celui-ci, et elle se pose avant la signature plutôt qu'après.

Le mode d'hébergement se décide en regardant votre installation réelle, pas sur une brochure.

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