Logiciel de fiches de réglage d'usinage

Une fiche de réglage consigne ce qui a été monté pour usiner une pièce : les outils, leurs jauges, leurs correcteurs, le montage et la machine employée. Un logiciel de fiches de réglage sert à la retrouver des mois plus tard, versionnée, plutôt qu'à la recréer.

C'est le cœur du sujet, et probablement le seul document d'atelier dont la perte se mesure en heures machine à chaque fois.

Une fiche de réglage : photo du montage, jauges X et Z, nomenclature des composants, statut de validation.
Une fiche de réglage : photo du montage, jauges X et Z, nomenclature des composants, statut de validation.

Ce qu'une fiche doit porter pour servir

Une fiche qui ne sert pas est presque toujours une fiche incomplète. Quatre informations décident de son utilité six mois plus tard.

  • L'outil réellement monté, avec sa référence de plaquette et de porte-outil, pas seulement « fraise 16 ».
  • Les jauges et les correcteurs, qui sont ce que le programme ne contient pas et qui vivent dans la machine.
  • La machine, parce qu'un réglage est une donnée de couple : cette pièce sur cette machine, comme l'explique la page commande numérique.
  • Une photo du montage, qui dit en une seconde ce qu'un paragraphe explique mal.

Pourquoi le versionnage n'est pas un luxe

Un réglage évolue. On change une plaquette pour une nuance qui tient mieux, on décale une jauge, on modifie un montage après un incident. Sans historique, la fiche affichée est la dernière version et personne ne sait ce qu'elle valait avant, ni pourquoi elle a changé.

Avec un historique, deux questions deviennent répondables : « qu'est-ce qui a changé depuis la série précédente » et « qui a modifié ça, et quand ». La seconde compte particulièrement chez les sous-traitants certifiés, où la traçabilité documentaire est une exigence, comme le détaille la page EN 9100.

Le PDF, parce que l'atelier reste un atelier

Une fiche de réglage se consulte au pied de la machine, avec les mains grasses et parfois sans réseau. Le PDF imprimable n'est donc pas une concession au passé : c'est le format qui marche là où l'écran ne marche pas.

Ce qui change par rapport au classeur, c'est que la feuille imprimée sort d'une source unique et datée. Une fiche papier n'est un problème que lorsqu'elle existe en trois versions et que personne ne sait laquelle fait foi.

Établi d'atelier couvert d'éléments de bridage : brides, cales, vis et écrous à tête marteau.
L'endroit où la fiche est réellement lue. C'est lui qui impose le format, pas l'inverse.

Le statut, qui dit si la fiche est fiable

Une fiche fraîchement saisie et une fiche éprouvée sur trois séries n'ont pas la même valeur, et rien ne les distingue si le document ne le dit pas. C'est le rôle du statut.

La distinction utile est binaire : la fiche est un brouillon, ou elle est validée. Un brouillon signale qu'il faut vérifier avant de lancer ; une fiche validée engage celui qui l'a validée. Multiplier les états intermédiaires donne un système que personne ne tient à jour, donc des statuts qui ne veulent plus rien dire.

Ce statut a un effet secondaire utile : il rend visible ce qui n'a jamais été relu. Un atelier qui compte quarante fiches dont trente en brouillon sait exactement où il en est de sa capitalisation.

Qui écrit les fiches, et quand

La réponse honnête est : celui qui a fait le réglage, au moment où il le fait. Toute organisation qui repose sur une saisie différée par quelqu'un d'autre produit des fiches en retard et incomplètes.

C'est pour cette raison que la saisie doit rester courte. Une fiche utile tient en quelques champs et une photo ; une fiche exhaustive que personne ne remplit ne vaut rien.

Le meilleur test est de reconstituer une de vos fiches existantes et de comparer le temps que ça prend à celui d'aujourd'hui.

Vingt minutes sur vos pièces