Tournage : les opérations, l'ordre et ce qui se règle

Le tournage réalise des pièces de révolution par enlèvement de matière, le profil étant obtenu par le déplacement d'outils dans le plan XZ, où Z est l'axe de révolution. Contrairement au fraisage et au perçage, c'est la pièce qui tourne et l'outil qui se déplace.

Le tournage est le procédé le plus ancien de l'atelier et celui dont le vocabulaire est le mieux fixé. Encore faut-il le connaître : chariotage et dressage désignent deux mouvements précis, pas deux façons de dire « tourner ».

Tournage d'une pièce étagée : trois diamètres successifs usinés, outil à plaquette en prise sur le plus petit.
Une pièce étagée : chaque diamètre est un chariotage, chaque face un dressage. Toute la gamme se lit sur la pièce finie.

Ce qui distingue le tournage de tout le reste

Le tournage réalise des pièces dont les formes sont issues de la révolution d'un profil autour d'un axe. Le profil est obtenu par le déplacement d'outils tranchants dans un plan XZ, l'axe Z étant l'axe de révolution.

La différence de fond avec les autres procédés tient en une phrase : à la différence d'une perceuse ou d'une fraiseuse, où les outils sont en rotation, sur un tour c'est la pièce usinée qui tourne. Un moteur entraîne une broche sur laquelle un dispositif de serrage, mandrin ou pince, maintient le brut. Des chariots rigides déplacent ensuite les outils sur X et Z, créant le mouvement d'avance.

Ce renversement a une conséquence que l'on sous-estime : la vitesse de coupe dépend du diamètre usiné à cet instant, et non de l'outil. Elle change donc en permanence sur une pièce conique ou lors d'un dressage, ce qui est la raison d'être de la fonction de vitesse de coupe constante des tours à commande numérique.

Principe du tournage, plan XZ, axe Z de révolution et rotation de la pièce plutôt que de l'outil, relevés le 5 août 2026. Tournage mécanique

Les opérations extérieures

Six opérations couvrent l'essentiel de ce qu'on fait sur un tour, côté extérieur.

  • Le chariotage : tournage longitudinal, sur l'axe Z, qui réalise un cylindre.
  • Le dressage : tournage transversal, sur l'axe X, qui réalise une face ou un épaulement.
  • Le contournage, ou tournage par profilage, obtenu par copiage ou par commande numérique.
  • Le tournage de gorges et de dégagements.
  • Le filetage, qui réalise un pas de vis.
  • Le tronçonnage, qui découpe la pièce.

Les opérations intérieures

Elles reprennent les mêmes principes, avec la contrainte permanente de l'accès et de l'évacuation du copeau.

  • L'alésage, qui usine un cylindre intérieur, traité en détail dans alésage.
  • Le dressage intérieur, pour une face ou un épaulement en fond de trou.
  • Le contournage intérieur.
  • Les gorges et dégagements intérieurs.
  • Le taraudage, qui réalise un filetage intérieur, détaillé dans taraudage.
  • Le chambrage, qui réalise un dégagement intérieur.

Liste des opérations de tournage extérieur et intérieur, relevée le 5 août 2026. Tournage mécanique

L'ordre des passes, du brut à la cote

Le chariotage d'un brut se fait typiquement en cinq temps, et sauter le premier est l'erreur la plus courante.

  1. L'écroûtage : on enlève la couche extérieure, qui a un mauvais état de surface et contient de nombreux défauts, calamine, corrosion, fissures, inclusions, écrouissage important. C'est une passe d'environ 0,5 à 1 mm.
  2. Le contrôle du diamètre obtenu, au pied à coulisse voire au micromètre, qui dit combien il reste à enlever.
  3. Les passes d'ébauche, de plusieurs millimètres de profondeur.
  4. Le contrôle avant finition.
  5. La passe de finition, d'une profondeur inférieure à 0,5 mm mais supérieure au copeau minimum, pour obtenir à la fois la tolérance et l'état de surface.

Le dernier point est celui qui piège : une passe trop fine ne coupe pas, elle frotte. C'est le même mécanisme que le rayon d'arête en surfaçage, et il explique qu'une finition à deux centièmes donne un état de surface pire qu'une finition à deux dixièmes.

Séquence en cinq opérations, profondeurs de passe et technique de l'épaulement avec surépaisseur, relevées le 5 août 2026. Tournage mécanique

Ce qui reste attaché à la machine

Sur un tour à commande numérique, le programme décrit un profil. Ce qu'il ne décrit pas est exactement ce qui se reperd entre deux séries : la façon dont la pièce a été prise, la longueur en porte-à-faux, la pression du mandrin, le besoin ou non d'une contre-pointe, et les correcteurs de chaque outil de la tourelle.

Un tour moderne fait d'ailleurs bien plus que tourner : les machines à commande numérique réalisent aussi du fraisage, du polygonage et des perçages radiaux, ce qui multiplie d'autant les outils en tourelle et les données de réglage à retenir. C'est aussi pourquoi, dans l'industrie, les ouvriers tourneurs sont souvent chargés du fraisage, d'où le métier de tourneur-fraiseur.

La prise de pièce, le porte-à-faux et les correcteurs de la tourelle ne sont pas dans le programme. Ils vivent dans la machine et repartent avec le régleur.

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