C'est l'opération la plus banale du fraisage, et celle dont le résultat trahit le plus vite un réglage approximatif : une face plane se juge à l'œil, sans instrument.
Trois noms pour la même opération
Le surfaçage s'appelle aussi fraisage en bout ou fraisage d'enveloppe. Les trois désignent la même chose : c'est l'extrémité de l'outil qui engendre la surface, par opposition au fraisage de profil où c'est la périphérie qui travaille.
La distinction n'est pas académique. Un fournisseur d'outils qui vous vend une fraise à surfacer suppose un travail en bout, avec des plaquettes dont l'angle d'attaque est prévu pour ça. Employer une fraise deux tailles pour surfacer une grande face fonctionne, mais avec un état de surface et une durée de vie inférieurs.
Fraisage en bout, dit d'enveloppe ou surfaçage, parmi les principales méthodes de fraisage, relevé le 5 août 2026. Fraisage
Le diamètre, le choix qui décide de tout
La règle pratique est simple et rarement appliquée : la fraise doit être nettement plus large que la surface à usiner, de façon à couvrir toute la largeur en une passe. Viser un diamètre de l'ordre d'une fois et demie la largeur usinée évite le défaut le plus visible du surfaçage, la trace de recouvrement entre deux passes parallèles.
Cette trace n'est pas un défaut d'état de surface au sens de la rugosité : c'est une marche, souvent au micron, mais que la lumière révèle. Sur une face d'aspect, elle est rédhibitoire, et aucun réglage d'avance ne la rattrape.
Quand la fraise ne peut pas couvrir la largeur, mieux vaut assumer plusieurs passes largement recouvrantes qu'un recouvrement juste, parce que la position exacte de la marche devient alors imprévisible.
Ne jamais centrer la fraise sur la pièce
C'est le réflexe que tout le monde a, et c'est le mauvais. Une fraise centrée exactement sur la largeur de la pièce fait entrer et sortir chaque dent au point le plus défavorable, avec un choc à l'entrée comme à la sortie.
Décaler légèrement l'axe de la fraise par rapport au centre de la pièce change l'angle d'entrée de la dent et adoucit le choc. C'est ce qui explique qu'une même opération, au même régime, fasse un bruit franc ou un bruit de mitraillette selon un décalage de quelques millimètres.
La profondeur de passe, et le contresens habituel
L'intuition dit qu'une passe fine donne une belle surface. En surfaçage c'est souvent faux, et pour la même raison qu'en fraisage en opposition : sous une certaine épaisseur, la dent ne coupe plus, elle écrase.
Chaque plaquette a un rayon d'arête, même neuve. Tant que l'épaisseur de copeau reste inférieure à ce rayon, la matière passe sous l'arête au lieu d'être cisaillée : elle est refoulée puis relâchée, ce qui chauffe, écrouit la surface et use l'outil par frottement. Le remède est contre-intuitif et consiste à augmenter l'avance plutôt qu'à la réduire.
C'est le même raisonnement que l'avance par dent décrit dans le calculateur d'avance : c'est fz qui fait le copeau, pas la vitesse de la table.
Ce qui fait qu'une face n'est pas plane
Dans l'ordre de fréquence, et aucune de ces causes n'est un problème de conditions de coupe.
- La pièce est bridée sur un appui qui n'est pas plan, ou avec des copeaux dessous. Elle se déforme au serrage, on usine plan, elle se détend et devient bombée.
- Le serrage est trop fort sur une pièce mince. Même mécanisme, en plus discret.
- Les contraintes internes du brut se relâchent quand on enlève de la matière d'un seul côté. Sur une pièce laminée ou soudée, c'est inévitable, et la parade est d'usiner alternativement les deux faces.
- Une dent est ébréchée et laisse une trace périodique que l'on prend pour une vibration.
Le point commun aux trois premières est le montage, ce qui explique pourquoi le plan de préparation en fait partie, comme décrit dans les dossiers de fabrication.
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Le bridage exact, la pression de serrage et le décalage retenu ne sont dans aucun programme, et c'est pourtant eux qui décident de la planéité.
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