Le taraud par déformation n'a pas de goujure et ne coupe rien. Sa section est polygonale : en tournant, il écrase la matière et la repousse pour former le filet, comme un roulage de filet mais à l'intérieur du trou.
Ce que ça change concrètement
- Aucun copeau. Le trou borgne cesse d'être un problème, il n'y a rien à évacuer.
- Un filet plus résistant. Les fibres de la matière suivent la forme du filet au lieu d'être coupées, et la surface est écrouie.
- Pas de risque de taraud cassé par bourrage. La cause principale de casse disparaît avec le copeau.
- Un couple plus élevé. Refouler coûte plus d'effort que couper, et la machine doit suivre.
Le piège du diamètre
C'est l'erreur classique quand on passe d'une méthode à l'autre. En déformation, la matière refoulée doit aller quelque part : elle remonte pour former la crête du filet. Le trou de départ doit donc être plus grand qu'en taraudage par coupe, sinon le taraud force et la crête déborde. Reprendre la table du taraudage par coupe telle quelle conduit droit au blocage.
Quand ça vaut le coup
Sur les matières ductiles, aluminium et aciers doux en tête, en série, et particulièrement en trou borgne profond. Sur la fonte, qui n'est pas ductile, la déformation n'a pas de sens : la matière casse au lieu de fluer.
Le domaine d'emploi habituellement recommandé recoupe cette logique : les métaux non ferreux comme les alliages de cuivre et d'aluminium, certains laitons, et les aciers non traités. La lubrification n'y est pas un confort : elle améliore le glissement entre la matière et l'outil et évite l'échauffement, qui est ici le principal ennemi puisque rien n'évacue la chaleur sous forme de copeau.
L'écrouissage, ou pourquoi le filet est meilleur
L'avantage le plus souvent cité est l'absence de copeau. Le plus intéressant mécaniquement est ailleurs.
Le filet se forme par déformation tridimensionnelle de la matière. L'écrouissage qui en résulte, c'est-à-dire le durcissement du métal par déformation à froid, donne au filet une résistance et des qualités géométriques plus élevées qu'un filet obtenu par coupe. Ce n'est pas un effet secondaire, c'est le mécanisme même du procédé.
Les quatre gains reconnus se tiennent donc les uns les autres : pas de production de copeau, meilleure résistance à la traction, meilleur état de surface, et vitesse de travail plus élevée.
Formation du filet par déformation tridimensionnelle, écrouissage, avantages et domaine d'emploi recommandé, relevés le 4 août 2026. Taraudage
Le rapprochement mérite d'être fait avec le comportement des quatre grandes matières : c'est exactement sur les matières tendres, celles où le copeau colle et où l'implantation doit atteindre deux fois le diamètre, que la déformation apporte le plus.
Ce que la machine doit encaisser
Refouler demande plus de couple que couper, et c'est la contrainte qui décide de la faisabilité avant toute considération de matière.
- La broche doit tenir le couple sur toute la longueur filetée, pas seulement à l'entrée. Contrairement à la coupe, l'effort ne diminue pas une fois le filet amorcé.
- La rigidité du montage compte davantage. Une pièce qui bouge sous l'effort donne un filet ovalisé, là où en coupe elle aurait surtout donné un mauvais état de surface.
- La lubrification doit arriver au fond du trou. En borgne profond, un arrosage qui ne descend pas transforme l'avantage en échauffement.
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