Un taraud avance d'un pas par tour, sans discussion possible. Toute la difficulté du taraudage machine tient dans cette phrase : si l'avance et la rotation ne sont pas parfaitement liées, le taraud tire ou pousse sur le filet qu'il vient de créer.
Le cycle rigide
La commande numérique asservit l'avance à la rotation de la broche. Un tour de broche vaut exactement un pas d'avance, y compris pendant la décélération en fond de trou et pendant l'inversion. C'est la solution la plus propre, et elle suppose une broche capable de suivre en position, pas seulement en vitesse.
Le mandrin compensateur
Le porte-taraud absorbe l'écart entre ce que fait la machine et ce que veut le taraud, en autorisant quelques millimètres de flottement axial. On l'utilise quand la broche ne sait pas se synchroniser, sur des perceuses d'établi, ou sur des machines plus anciennes. Le filet obtenu est correct, mais la profondeur est moins maîtrisée.
Trou borgne ou débouchant
Un trou débouchant se taraude avec un taraud à goujure hélicoïdale inversée, qui pousse le copeau devant lui et le fait sortir de l'autre côté. Un trou borgne demande l'inverse : une goujure qui remonte le copeau vers l'entrée, sinon le copeau s'accumule en fond et bloque le taraud sur sa dernière remontée. C'est là que la casse arrive.
Combien de réserve, exactement
La question tombe toujours au moment de coter le trou, et la réponse est plus simple qu'on ne croit : il n'est pas possible d'étendre le taraudage jusqu'au fond du trou. Il faut réserver au minimum une longueur égale au diamètre nominal, qui correspond à la longueur non filetable, celle de l'amorce du taraud.
Un M10 borgne demande donc 10 mm de trou lisse sous le dernier filet utile. Sur le plan, c'est ce trait fort qui matérialise la limite au-delà de laquelle le trou n'est plus considéré comme fileté. En ajoutant la profondeur d'implantation utile, qui dépend de la matière et va de 0,8 à 2 fois le diamètre selon le cas décrit dans taraudage par matière, on obtient la profondeur totale à percer.
Longueur non filetable à réserver en fond de trou borgne, égale au minimum au diamètre nominal, relevée le 4 août 2026. Taraudage
Comment le taraud tient dans la machine
Le taraud se monte simplement dans la pince, ou sur un porte-outil débrayable, selon la machine et le degré de sécurité recherché. Le porte-outil débrayable se désaccouple au-delà d'un couple réglé : c'est une assurance mécanique contre la casse quand le copeau bloque, et elle vaut surtout sur les petits diamètres, où la marge entre le couple utile et le couple de rupture se compte en dizaines de centinewtons-mètres.
Le taraud n'est d'ailleurs pas la seule façon d'obtenir un filet à la machine. Deux autres voies existent, et elles règlent des cas que le taraud gère mal.
- Par génération, avec un outil de forme qui parcourt une hélice par rapport à l'axe du trou, monté sur un tour ou une fraiseuse. C'est le fraisage de filet, et son intérêt est décisif sur les grands diamètres et sur les matières difficiles : l'outil est plus petit que le trou, donc le copeau sort tout seul et une rupture n'emprisonne rien dans la pièce.
- Par usinage sur machine spéciale, le filet étant obtenu par une fraise de profil.
La conséquence pour la préparation est directe : sur une pièce à forte valeur ajoutée, où un taraud cassé signifie le rebut, le fraisage de filet se justifie même s'il est plus lent. C'est un arbitrage qui se décide une fois et qui doit rester écrit.
Montage en pince ou sur porte-outil débrayable, obtention du filet par génération ou par fraise de profil, relevés le 4 août 2026. Taraudage
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Cycle rigide ou compensateur, profondeur de réserve, sens de goujure : ces choix se refont à chaque nouvelle série s'ils ne sont écrits nulle part.
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