Deux pièces à la même cote nominale ne se montent pas forcément ensemble, et c'est tout le sujet. Ce sont les quatre caractères qui suivent le diamètre sur le plan qui décident si l'assemblage tourne, glisse, se monte au maillet ou ne se démonte plus jamais.
Ce qu'est un ajustement
En mécanique, un ajustement est l'ensemble des deux cotes de l'assemblage d'une pièce extérieure contenante, l'alésage, et d'une pièce intérieure contenue, l'arbre. Les deux ont la même dimension nominale mais des tolérances différentes, ce qui donne soit un jeu positif, soit un serrage, soit un jeu incertain.
Les mots « arbre » et « alésage » sont ici génériques : ils désignent le contenu et le contenant, pas nécessairement une pièce tournante ou un trou usiné à l'alésoir. Une clavette dans sa rainure est un arbre au sens de la norme.
Définition de l'ajustement, arbre et alésage, jeu positif, serrage et jeu incertain, relevés le 5 août 2026. Ajustement (mécanique)
Lire la notation, lettre par lettre
La norme en vigueur est l'ISO 286-1. Elle définit deux choses distinctes, et les confondre est l'erreur de lecture la plus fréquente : la position de la tolérance, et sa taille.
On écrit une cote nominale en millimètres, suivie d'une lettre, puis d'un chiffre.
- La lettre définit la position de l'intervalle de tolérance par rapport au nominal. Elle est en majuscule pour un alésage, en minuscule pour un arbre.
- Le chiffre donne la « qualité » de la tolérance, c'est-à-dire la largeur de l'intervalle.
D'où les trois écritures qu'on croise sur les plans : ø 50 H7 pour une pièce contenante, ø 50 g6 pour une pièce contenue, et ø 50 H7 g6 pour l'ajustement des deux pièces cylindriques ensemble. Les valeurs en micromètres correspondant à chaque couple lettre-chiffre se lisent dans les tables de la norme, en fonction de la dimension nominale.
Une conséquence pratique en découle, et elle vaut d'être dite au bureau d'études comme à l'atelier : la lettre décide du comportement de l'assemblage, le chiffre décide du coût. Passer de H8 à H7 ne change pas la fonction, ça change la difficulté d'usinage, et l'état de surface qui va avec, traité dans le dossier état de surface.
Norme ISO 286-1, position et taille de la tolérance, notation majuscule pour l'alésage et minuscule pour l'arbre, relevées le 5 août 2026. Ajustement (mécanique)
Le tableau des ajustements normalisés usuels
Il tient en trois familles, et la question qui les sépare n'est pas la précision : c'est de savoir si les pièces doivent bouger l'une par rapport à l'autre, et si l'assemblage devra se démonter un jour.
Pièces mobiles l'une par rapport à l'autre
| Besoin | Ajustements |
|---|---|
| Grand jeu : dilatation, mauvais alignement, portées très longues | H11 d11, parfois H11 c11, H9 d9, H9 c9, H9 c8 |
| Jeu usuel : pièce tournant ou glissant dans une bague ou un palier, bon graissage assuré | H8 f7, H8 e8, H9 e9, parfois H7 e7 |
| Jeu précis : guidage pour mouvement de faible amplitude | H7 g6, parfois H6 g5 |
Pièces immobiles, démontables sans détérioration
Ces ajustements ne transmettent pas d'effort : il faut un autre organe pour ça, clavette, goupille ou vis.
| Mise en place | Ajustements |
|---|---|
| Possible à la main | h5, h6, h7, h8 · js5, js6 |
| Au maillet | k5 · m6 |
Pièces immobiles, démontage impossible ou destructif
Ceux-là peuvent transmettre des efforts, et c'est leur raison d'être.
| Mise en place | Ajustements |
|---|---|
| À la presse | H7 p6 |
| À la presse ou par dilatation (frettage) | H8 s7, H8 u7, H8 x7, H8 z7 |
Une réserve accompagne cette dernière ligne dans la norme, et elle n'est pas décorative : il faut vérifier que les contraintes imposées au métal ne dépassent pas la limite élastique. Un frettage trop serré ne tient pas mieux, il fissure le moyeu.
Ajustements normalisés usuels par famille d'emploi, mise en place à la main, au maillet, à la presse ou par dilatation, et réserve sur la limite élastique, relevés le 5 août 2026. Ajustement (mécanique)
Ce que ça change à la machine
Un ajustement ne se règle pas, il se tient. Deux conséquences directes en atelier, et la première est celle qui coûte des pièces.
D'abord, un perçage ne tient pas un H7. Jamais. Le perçage est une opération d'ébauche ; les forets modernes atteignent directement une tolérance IT9, ce qui est suffisant dans une grande majorité des applications, mais un alésage tolérancé demande une opération dédiée : alésoir, barre d'alésage ou rectification. C'est le sujet du dossier alésage, et l'arbitrage se fait avant le devis, pas devant la machine.
Ensuite, la température fausse le contrôle autant que la fabrication. Une pièce sortie de la machine est encore chaude ; contrôlée immédiatement, elle donnera une cote hors tolérance après refroidissement, ou l'inverse. Sur un ajustement au centième, ce n'est pas un détail : c'est la moitié de l'intervalle.
Ce qui doit finir sur la fiche
Un ajustement tenu se rejoue à partir de quatre informations : la cote nominale et le couple d'ajustement du plan, l'opération qui tient la cote (et pas seulement celle qui l'approche), l'instrument de contrôle et sa capacité réelle face à l'intervalle, et le délai d'attente avant contrôle après usinage.
La troisième ligne est celle qu'on saute. Elle mérite pourtant d'être écrite noir sur blanc : un intervalle de tolérance qu'on contrôle avec un instrument dont l'incertitude vaut le tiers de l'intervalle ne se contrôle pas : voir les chiffres du pied à coulisse.
Questions fréquentes
Que signifie H7 g6 ?
Quelle est la différence entre jeu et serrage ?
Quel ajustement pour un roulement monté sur un arbre ?
Quelle norme définit les ajustements ISO ?
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L'ajustement du plan, l'opération qui tient la cote et l'instrument qui la contrôle sont trois lignes d'une même fiche. Séparées, elles produisent des pièces justes par hasard.
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